Blog Patrimoine

SOFICA Cofinova 24 : investir dans le cinéma avec 48 % de réduction d’impôt

UNE PUBLICATION PEETERS PATRIMOINE

Chaque automne, une dizaine de SOFICA seulement ouvrent leur capital aux particuliers, pour quelques semaines. Parmi elles, Cofinova 24 s'appuie sur 23 ans d'historique dans le financement du cinéma et de l'audiovisuel français, et ouvre droit à une réduction d'impôt de 48 % des sommes investies. Fonctionnement, plafonds, frais, stratégie, résultats des générations précédentes et risques réels : voici notre analyse complète pour décider en connaissance de cause avant la clôture de la collecte, le 31 décembre 2026.
Edouard Binet
Fondateur Peeters Patrimoine
CONTENU

💡 Le chiffre clé

8 640 €, c’est la réduction d’impôt maximale qu’un foyer fiscal peut obtenir avec une SOFICA à 48 %, pour une souscription plafonnée à 18 000 €.

Qu'est-ce qu'une SOFICA ?

Une SOFICA (Société de Financement de l’Industrie Cinématographique et de l’Audiovisuel) est une société anonyme dont l’objet exclusif est de financer des films et des œuvres audiovisuelles. Le dispositif a été créé par la loi du 11 juillet 1985 et figure aujourd’hui à l’article 199 unvicies du Code général des impôts.

Le principe tient en une phrase : l’épargnant souscrit des actions de la SOFICA, qui investit dans des œuvres en échange de droits sur leurs recettes futures (salles, chaînes hertziennes et cryptées, vidéo, VOD et SVOD, ventes internationales). En contrepartie de ce soutien à la création, l’État accorde une réduction d’impôt sur le revenu.

Quarante ans après sa création, le bilan du dispositif est mesurable : près de 2 milliards d’euros collectés et plus de 3 000 œuvres financées. Chaque année, environ 65 M€ sont investis dans 180 œuvres, soit un film français sur trois. Le dispositif a d’ailleurs été évalué favorablement à plusieurs reprises, par l’IGF en 2011 puis en 2025, et par la Cour des comptes en 2014 et 2023.

L’encadrement est serré : agrément conjoint DGFiP et CNC, visa de l’AMF, contrôle par le CNC de la nature des investissements réalisés, inscription de la chaîne de droits au Registre public du cinéma et de l’audiovisuel. Un commissaire du Gouvernement siège même au conseil d’administration. Ce dispositif fait partie des solutions de réduction d’impôt que nous étudions pour nos clients fortement fiscalisés.

Le régime actuel résulte de l’article 13 de la loi de finances pour 2024, qui proroge la réduction d’impôt jusqu’au 31 décembre 2026. Cette date est donc aussi la date limite de souscription à Cofinova 24.

SOFICA Cofinova 24 - investir dans le cinéma avec 48 % de réduction d’impôt

Cofinova 24 : la fiche d'identité

CaractéristiqueCofinova 24
Forme juridiqueSociété anonyme à conseil d’administration
Gestionnaire des investissementsPlans de Bataille
Agrément initial8 500 000 €
Prix de l’action200 €
SouscriptionDe 8 000 € (40 actions) à 18 000 € par foyer fiscal, par tranche de 200 €
Réduction d’impôt48 % des sommes investies
Agrément DGFiP31/08/2026
Visa AMFSOF20260001 du 11/09/2026
Date limite de souscription31/12/2026
Durée de la société10 ans, sauf dissolution anticipée
Droits d’entrée et de sortieAucun
DépositaireCIC-MS

La société Cofinova a été créée en 2003 par Alexis Dantec, économiste formé à l’ENSAE et passé par le ministère de l’Économie. Depuis, le CNC a agréé une nouvelle SOFICA Cofinova chaque année : près de 160 M€ de fonds sous gestion, plus de 520 films de cinéma, 85 œuvres audiovisuelles et 779 projets de scénario financés. Parmi eux, Anatomie d’une chute, Titane, Des hommes et des dieux ou Boîte noire.

Comment fonctionne la réduction d'impôt de 48 % ?

Trois taux selon les engagements pris par la SOFICA

  • 30 % : taux plancher de toute souscription au capital d’une SOFICA agréée.
  • 36 % : si la SOFICA consacre au moins 10 % de ses investissements au capital de sociétés de réalisation cinématographique ou audiovisuelle, autrement dit au développement d’écriture.
  • 48 % : si elle ajoute un second engagement, en consacrant au moins 10 % de ses investissements à l’acquisition de droits portant exclusivement sur les recettes d’exploitation à l’étranger.

Cofinova 24 prend ces deux engagements, ce qui ouvre droit au taux majoré de 48 %, quelle que soit votre tranche marginale d’imposition.

Les plafonds à respecter

  • Double plafond de souscription : la souscription doit être comprise entre 8 000 € et 18 000 € par foyer fiscal, et dans la limite de 25 % du revenu net global.
  • Plafonnement des niches fiscales : la SOFICA relève du plafond majoré de 18 000 €, soit le plafond global de 10 000 € augmenté de 8 000 €. Si vous utilisez déjà cette majoration en Girardin industriel, les deux avantages se la partagent.
  • Un seul exercice fiscal : la réduction s’impute intégralement sur l’impôt de l’année de souscription, sans étalement ni report possible. La fraction qui dépasserait l’impôt dû est définitivement perdue.

Exemple chiffré

Un couple déclare un revenu net global de 110 000 € et un impôt sur le revenu de 14 000 €, sans autre niche fiscale utilisée.

  • Souscription : 15 000 €, soit 75 actions.
  • Plafond de 25 % du revenu net global : 27 500 €, donc non contraignant ici.
  • Réduction d’impôt : 15 000 € x 48 % = 7 200 €.
  • Impôt restant dû : 6 800 €.
  • Effort d’épargne net : 15 000 € moins 7 200 € = 7 800 €.

Autrement dit, pour ce foyer, l’opération devient positive dès lors que la SOFICA restitue plus de 52 % du capital souscrit. C’est précisément l’ordre de grandeur qu’il faut avoir en tête pour juger ce placement, et sur lequel nous revenons plus bas.

La stratégie d'investissement de Cofinova 24

10 % du capital social sont conservés en disponibilités. Les 90 % restants constituent l’enveloppe à investir, répartie sur les trois étapes du cycle de vie d’une œuvre : le développement (environ 25 %), la production (environ 60 %) et la distribution (environ 15 %).

Ces financements se répartissent en trois compartiments dont les profils de risque et de rendement n’ont rien de comparable.

1. Le développement des œuvres, de 10 % à 30 % du capital

Par sa filiale Cofinova Développement 24, la SOFICA souscrit au capital de sociétés de production pour financer des slates de développement, c’est-à-dire l’écriture et la préparation de projets. Les sociétés sont sélectionnées par un comité réunissant des professionnels de la filière, dont des acteurs du secteur bancaire.

L’encaissement intervient dès la mise en production de l’œuvre, au premier jour de tournage, et non lors de son exploitation commerciale. La récupération est majorée au maximum de 1,36 % par an : ce compartiment ne dépend donc pas du succès des films, mais son potentiel de plus-value est quasi nul.

2. Les contrats adossés, 27,5 % du capital au maximum

La SOFICA finance ici la production ou la distribution via un contrat assorti d’une promesse de rachat par le producteur, à terme et à un prix convenu à l’avance. La récupération est également plafonnée, à 1 % par an au maximum.

Deux points appellent de la vigilance : ces investissements ne bénéficient d’aucune garantie bancaire, et le retour dépend de la santé financière de l’adosseur. Cofinova diversifie fortement ses adosseurs pour atténuer ce risque de défaut, mais l’investisseur ne réalise aucun gain sur ce compartiment.

3. Les contrats non adossés, le solde de l’enveloppe

C’est le seul compartiment moteur. La SOFICA y acquiert des droits à recettes sur des fictions, séries d’animation, documentaires TV et films de cinéma, et sa rémunération dépend directement de leur carrière commerciale sur l’ensemble des supports d’exploitation.

Jusqu’à 57,5 % des investissements ne dépendent pas du succès commercial des œuvres et ne généreront pas de rendement une fois les frais de la SOFICA pris en compte. La perspective de plus-value repose donc entièrement sur la poche non adossée.

Les engagements éditoriaux

Cofinova 24 prend par ailleurs des engagements chiffrés sur l’affectation de son enveloppe :

✔️ 40 % fléchés vers les premiers et deuxièmes films de cinéastes ;
✔️ 80 % réservés aux films à devis modéré, sous 8 M€ ;
✔️ 15 % dédiés à la filière de l’animation ;
✔️ 5 % pour les documentaires et œuvres européennes qui accèdent moins facilement aux financements ;
✔️ la quasi-totalité des fonds orientée vers des producteurs indépendants de capitaux étrangers.

À cela s’ajoute un partenariat historique avec Arte France Cinéma : 11 M€ investis dans 200 films aux côtés de la chaîne, avec des prix convenus à l’avance qui sécurisent une partie des investissements.

Les frais : le point à examiner de près

Dans un placement non coté à rendement encadré, les frais pèsent mécaniquement sur le montant restitué. Voici leur structure.

Nature des fraisNiveau
Frais de fonctionnement années 1 et 23 % du capital social par an, 2,1 % au-delà de 8 M€
Frais de fonctionnement années 3 à 51,8 % par an, 1,26 % au-delà de 8 M€
Frais de fonctionnement année 60,6 %, 0,36 % au-delà de 8 M€
Commission de placement (1er exercice)3 % du capital levé, soit 255 000 €
Frais de montage et de premier établissement2,75 % TTC du capital, soit 233 750 € TTC
Commission variable du gestionnaireDe 0 % à 30 % HT des encaissements non adossés, par tranches

La commission variable mérite une lecture attentive : elle est nulle tant que les encaissements bruts non adossés restent inférieurs à 60 % du montant nominal des investissements, puis progresse par paliers de 10 % à 30 % HT au-delà de 100 %. Elle n’est versée qu’à l’issue de la cinquième année.

Au total, la société de gestion annonce 15 % HT du capital social sur la durée de vie du fonds, hors commission de placement et frais de constitution. Un niveau à comparer avec celui des autres SOFICA de la campagne 2026, en gardant à l’esprit que Cofinova est une structure indépendante, non adossée à un opérateur bancaire.

Un Expert vous accompagne

Nous sommes notés 5/5 sur Google

Nous concevons des solutions sur-mesure, parfaitement adaptées à votre situation.

Nos équipes sont en mesure de traiter toutes vos problématiques, qu’elles soient simples ou complexes.

Grâce à notre indépendance vis-à-vis des groupes bancaires, nous vous proposons des recommandations en architecture ouverte, vous garantissant un accès aux meilleures options disponibles.

Le track record des SOFICA Cofinova

C’est le vrai juge de paix. Quinze générations Cofinova ont été intégralement liquidées, de Cofinova 1 (souscription 2003) à Cofinova 15 (souscription 2017). Leurs résultats permettent de mesurer ce qu’une SOFICA restitue réellement.

Indicateur (générations 1 à 15)Fourchette constatée
Taux de rendement interne, avantage fiscal comprisDe 1,07 % à 5,71 %
Taux de retour hors avantage fiscalDe 62,0 % à 75,7 % du nominal
Taux de retour avantage fiscal comprisDe 104,8 % à 123,8 % du nominal
Durée jusqu’au remboursement finalDe 5,9 à 7,9 ans

Trois enseignements s’en dégagent.

D’abord, aucune génération n’a restitué l’intégralité du capital hors fiscalité. La performance vient d’abord de la réduction d’impôt, jamais de la seule sélection des œuvres. Ensuite, la durée de blocage effective a systématiquement dépassé le minimum fiscal de 5 ans : 7 ans en moyenne. Enfin, les millésimes les moins performants (Cofinova 12 à 14, avec des TRI de 1,07 % à 1,27 %) sont précisément ceux dont le taux de réduction n’était que de 36 %, contre 48 % pour Cofinova 24.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Comment souscrire à Cofinova 24 avant le 31 décembre 2026
Mot du Gérant
Ce qu'il faut retenir avant de souscrire une SOFICA

Une SOFICA n’est pas un placement de performance, c’est un outil fiscal adossé à l’économie réelle. Je la réserve aux clients fortement imposés qui ont déjà saturé le plafond général des niches fiscales et qui n’ont aucun besoin de liquidité sur la somme engagée.

Lu à travers l’historique Cofinova, l’objectif raisonnable est de récupérer un peu plus que sa mise nette d’impôt sur 6 à 8 ans, tout en soutenant la création française. C’est cohérent, à condition de ne pas en attendre autre chose et de calibrer le montant sur l’impôt réellement dû.

Les risques à connaître avant de souscrire

Risque de perte en capital

Cofinova 24 ne bénéficie d’aucune garantie. Hors avantage fiscal, le capital initialement investi ne sera vraisemblablement pas intégralement restitué : c’est le scénario central, pas le scénario défavorable.

Risque de liquidité

Il n’existe aucun marché secondaire des actions. Une cession avant la cinquième année suivant le versement effectif entraîne la perte des avantages fiscaux, et l’acheteur de second rang n’en bénéficie pas. La durée de blocage effective est en principe égale à la durée de vie de la société, soit 10 ans. Cofinova 24 s’engage toutefois à demander une réduction de capital entre la cinquième et la sixième année, puis une dissolution anticipée entre la sixième et la septième année, l’une et l’autre soumises à l’accord du ministre de l’Économie.

Risque de rentabilité plafonnée

Les compartiments développement et adossé limitent structurellement le gain, leur rémunération étant plafonnée ou fixée à l’avance. Le résultat après frais sera inférieur à l’investissement initial, avant prise en compte de l’avantage fiscal.

Risque de marché

La production et l’exploitation cinématographiques présentent un caractère aléatoire. La rentabilité potentielle dépend donc avant tout de la politique de gestion et de la sélection des projets.

Risque de non-constitution

Si les souscriptions n’atteignent pas le capital minimum de 4 250 000 €, la société ne sera pas constituée. Les fonds seraient alors restitués sans frais ni intérêts dans le mois suivant la clôture des souscriptions.

Pour quel profil d'investisseur ?

Cofinova 24 peut être pertinente si :

  • votre impôt sur le revenu dépasse durablement plusieurs milliers d’euros par an, et que vous pouvez l’anticiper avec fiabilité ;
  • vous avez déjà consommé le plafond général de 10 000 € des niches fiscales (emploi à domicile, FIP, FCPI, etc.) ;
  • vous pouvez immobiliser la somme 6 à 10 ans sans aucun besoin de liquidité ;
  • le montant engagé reste une part minoritaire de votre patrimoine financier ;
  • le soutien à la création cinématographique fait sens pour vous.

Elle est à écarter si :

  • votre impôt est faible, nul ou très irrégulier : la fraction de réduction non utilisée est perdue ;
  • vous recherchez un rendement financier plutôt qu’une économie d’impôt ;
  • les sommes concernées relèvent de votre épargne de précaution ou d’un projet à moins de 8 ans.

Pour une diversification en non coté orientée performance plutôt que fiscalité, le Private Equity relève d’une autre logique, avec un couple rendement/risque et un horizon différents.

Comment souscrire à Cofinova 24 avant le 31 décembre 2026 ?

  1. Faire le point sur votre fiscalité : impôt prévisionnel, niches déjà utilisées, revenu net global. C’est l’objet de notre étude patrimoniale.
  2. Lire la documentation réglementaire : prospectus visé par l’AMF et documents d’information, qui prévalent sur toute présentation commerciale.
  3. Compléter le bulletin de souscription par tranche de 200 €, entre 8 000 € et 18 000 €, en actions nominatives souscrites en numéraire.
  4. Verser les fonds avant la clôture : la réduction s’impute sur l’impôt dû au titre des revenus 2026. La société sera constituée en janvier 2027 et les investissements démarreront dans la foulée.

⚠️ L’agrément est limité à 8,5 M€ et les souscriptions sont servies dans l’ordre d’arrivée. Attendre la dernière quinzaine de décembre expose au risque de clôture anticipée de la collecte.

Questions fréquentes sur la SOFICA Cofinova 24

Quelle réduction d’impôt pour 10 000 € investis dans Cofinova 24 ?

Au taux de 48 %, une souscription de 10 000 € ouvre droit à 4 800 € de réduction sur l’impôt dû au titre des revenus 2026, sous réserve de respecter la limite de 25 % du revenu net global et le plafonnement des niches fiscales.

Combien de temps mon argent est-il bloqué ?

La loi impose une conservation de 5 ans minimum pour conserver l’avantage fiscal. En pratique, les quinze générations Cofinova déjà liquidées ont remboursé leurs actionnaires entre 5,9 et 7,9 ans après la souscription, la durée statutaire maximale étant de 10 ans.

La SOFICA est-elle concernée par le plafonnement des niches fiscales ?

Oui, dans le cadre du plafond majoré de 18 000 €, soit le plafond global de 10 000 € augmenté de 8 000 € au titre des SOFICA. Le total des avantages fiscaux ne peut donc pas procurer une diminution d’impôt supérieure à 18 000 €.

Peut-on cumuler SOFICA et Girardin industriel ?

Les deux dispositifs partagent la même majoration de 8 000 €, dans la limite globale de 18 000 €. Un arbitrage chiffré s’impose : le Girardin vise une rentabilité fiscale immédiate sans restitution de capital, alors que la SOFICA restitue une partie de la mise à l’issue de la liquidation.

Que se passe-t-il en cas de revente avant 5 ans ?

La cession des titres avant la cinquième année suivant le versement entraîne la perte de l’avantage fiscal, sans que l’acheteur puisse en bénéficier. Compte tenu de l’absence de marché secondaire, cette hypothèse reste largement théorique.

Qui peut souscrire ?

Uniquement les personnes physiques fiscalement domiciliées en France, en actions nominatives souscrites en numéraire.

Cet article est fourni à titre d’information et ne constitue ni une offre de souscription, ni une sollicitation, ni un conseil en investissement personnalisé. Il a été rédigé à partir de la documentation commerciale de Cofinova 24 de septembre 2026. Toute souscription doit être précédée de la lecture du prospectus visé par l’AMF sous le numéro SOF20260001 et d’une analyse de votre situation patrimoniale et fiscale. La SOFICA constitue un placement à risque, comportant un risque de perte en capital et d’illiquidité ; l’avantage fiscal procuré ne doit pas, à lui seul, motiver l’investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de la situation individuelle de chaque investisseur et est susceptible d’évoluer.

Étiquette :
Nos réseaux :

Aller plus loin

Articles les plus lus

Nous contacter